Invité de l’émission Tocsin par Axelle de Kerangal, aux côtés d’Alexandra Lavoie, reporter pour RebelNews, François Asselineau, président de l’UPR et candidat à l’élection présidentielle, est revenu longuement sur la crise migratoire qui frappe l’enclave espagnole de Ceuta depuis fin juillet.
Les 30 et 31 juillet, entre 70 000 et 80 000 personnes ont franchi illégalement la frontière de ce territoire de 18 km² qui compte environ 87 000 habitants.
Le président de l’UPR rappelle que Ceuta et Melilla, les deux dernières enclaves européennes sur le sol africain, n’ont jamais été des territoires marocains : Ceuta est passée sous souveraineté espagnole en 1580, Melilla depuis 1497, tandis que le royaume du Maroc n’a pris sa forme contemporaine qu’en 1957.
Face au caractère soudain de cet afflux, aussitôt retombé après le déplacement de Pedro Sanchez sur place, François Asselineau invite à se poser la : à qui profite le crime ? Il observe que le gouvernement espagnol s’est attiré de multiples inimitiés, notamment en raison de ses positions très dures à l’égard d’Israël au moment de l’affaire de Gaza, de son rapprochement avec l’Algérie et de ses réticences vis-à-vis de l’OTAN. Le président de l’UPR rappelle que la diplomatie chinoise elle-même a évoqué un coup de semonce organisé par l’État d’Israël, quand le porte-parole de la Commission européenne évoquait, lui, une possible ingérence russe, hypothèse qu’Asselineau juge dénuée de tout fondement.
Le candidat à la présidentielle souligne également l’enjeu stratégique des détroits : Ormuz, Bab el-Mandeb et Gibraltar. Ceuta se trouvant à une quinzaine de kilomètres de Gibraltar, il n’exclut pas que les États-Unis et Israël aient intérêt à voir l’enclave revenir à un Maroc désormais proche de Washington et de Tel-Aviv.
François Asselineau replace enfin cette crise dans le cadre de la politique migratoire de l’Union européenne, dont il rappelle qu’elle relève de la souveraineté européenne depuis le traité d’Amsterdam. Il dénonce le double discours des dirigeants européens, de droite comme de gauche, et illustre son propos par le cas de Giorgia Meloni, qui a réduit l’immigration illégale tout en augmentant le nombre de titres de séjour légaux.
En réponse aux objections de la journaliste et d’Alexandra Lavoie sur l’efficacité d’une sortie de l’Union, le président de l’UPR défend la cohérence du Frexit : sans sortie de l’Union européenne, de l’espace Schengen et de l’euro, aucune reprise en main réelle des frontières n’est possible. Il rappelle que l’article 67 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit tout contrôle aux frontières intérieures, et que le cas britannique s’explique par le choix de dirigeants qui n’ont pas voulu exploiter les marges rendues possibles par le Brexit.
Visionnez l’entretien à ce lien : https://youtu.be/SeDTeyLmWBo
NOTA : nous précisons que nous n’avons pas été consulté quant au titre donné par Tocsin à cet entretien, qui élude le jeu des différents États.