François Asselineau a reçu sur UPR-TV Philippe de Saint-Robert, journaliste, écrivain et homme de lettres né en 1934, qui compte parmi les derniers témoins directs des présidences de Gaulle et de Pompidou.
Visionnez l’entretien à ce lien : https://youtu.be/mupPHC1JNHE
Au fil d’un entretien de plus d’une heure, Philippe de Saint-Robert retrace un parcours singulier : ses débuts à Combat sous la direction de Philippe Tesson, sa tribune hebdomadaire sur la politique étrangère, puis ses entretiens personnels avec le général de Gaulle à l’Élysée.
Il rapporte notamment cette confidence du Général sur sa succession, qu’il jugeait lui-même compromise, et cette phrase prononcée sur le comte de Paris : « S’il était venu à Londres avec moi, il aurait été la France ».
Sur Pompidou, Saint-Robert porte un regard nuancé : il salue sa politique arabe, mais pointe ce qu’il considère comme la faute historique de son septennat, l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun, qui transforma une préférence communautaire en libre-échangisme généralisé, au détriment de l’esprit du traité de Rome.
Il revient également sur une anecdote saisissante avec Roland Dumas, signataire du traité de Maastricht, qui lui aurait confié à voix basse : « S’il n’y avait eu que moi, j’aurais refusé ce traité. » Une illustration, selon lui, de dirigeants qui « n’ont pas été à la hauteur de l’histoire ».
Nommé commissaire à la langue française par François Mitterrand en 1984, Philippe de Saint-Robert dénonce l’abandon progressif du français dans les institutions françaises et européennes, y compris par des dirigeants francophones qui s’expriment en anglais alors que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne.
Son constat pour 2027 : un pays au bord de la faillite, des contraintes européennes indépassables et un héritage gaulliste dont il faut se saisir.
Un témoignage historique d’une densité rare.