Un immense bravo au peuple islandais qui vient de rejeter, à 52,8 % des suffrages, le projet de réouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne.
Et ceci alors que tous nos médias avaient prédit depuis plusieurs semaines que le « Oui » allait l’emporter, sur la base de sondages truqués.
Rappel historique : pour bien comprendre ce qui vient de se passer
- 17 juillet 2009 : suite à la crise des banques islandaises de 2008, le gouvernement pro-UE dépose officiellement sa candidature à l’UE.
- 17 juin 2010 : le Conseil européen accorde à l’Islande le statut de pays candidat.
- 27 juillet 2010 : ouverture officielle des négociations d’adhésion à l’UE.
- Juillet 2010 – Juin 2013 : 27 chapitres de négociation sont ouverts ; 11 sont annoncés comme réglés.
- 13 juin 2013 : suite à l’arrivée au pouvoir à Reykjavik d’une coalition anti-UE, et face aux profonds désaccords sur les quotas de pêche imposés par l’UE, le nouveau gouvernement décide de suspendre unilatéralement les négociations d’adhésion.
- 12 mars 2015 : le gouvernement islandais annonce officiellement à la présidence de l’UE que l’Islande retire sa candidature et déclare que « les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne ».
- 18 août 2019 : alors qu’il n’est plus président, Donald Trump déclare publiquement qu’il « s’intéresse » à l’achat du Groenland, ce que refuse aussitôt le Danemark.
- 21 décembre 2024 : une nouvelle coalition sociale-démocrate pro-UE arrive au pouvoir en Islande. La nouvelle Première ministre, Mme Frostadóttir, annonce aussitôt qu’un référendum pour rouvrir les négociations d’adhésion avec l’UE aura lieu avant 2027.
- 23 décembre 2024 : après sa réélection (mais avant sa prise de fonction pour son second mandat), Donald Trump déclare que la prise de contrôle du Groenland est une « nécessité absolue » pour la sécurité nationale.
- 7 janvier 2025 : Trump déclare qu’il n’exclut pas d’avoir recours à la force économique ou militaire pour s’emparer du Groenland. Ces menaces de Trump s’accompagnent plusieurs fois de lapsus où il confond l’Islande et le Groenland.
- Toutes ces menaces sont utilisées par le gouvernement pro-UE pour faire peur aux Islandais afin qu’ils acceptent de rouvrir des négociations d’adhésion avec l’UE sous prétexte de sécurité nationale.
- Janvier 2026 : pic de la crise avec des menaces de droits de douane massifs des États-Unis contre l’UE.
- 6 mars 2026 : le gouvernement annonce que le référendum aura lieu le 29 août 2026.
- 29 août 2026 : contrairement aux sondages qui prédisaient une victoire du « Oui » à 52 %, les Islandais rejettent la réouverture des négociations à 52,8 %.
Un rejet historique face à une pression intense
Les Islandais ont décidé ce rejet historique malgré des circonstances exceptionnelles :
- Le déluge de propagande qui assénait qu’un pays de 394 000 habitants « est trop petit pour peser dans le monde actuel » et que seule l’UE pourrait protéger l’Islande des appétits extérieurs.
- Les ingérences multiples, contre lesquelles la Première ministre, pourtant pro-UE, a elle-même dû protester publiquement.
- Ses promesses que ce référendum « ne porte pas sur l’adhésion en soi, car il y aura un autre référendum sur l’accord final si le oui l’emporte ».
- Sa volonté de dramatiser, en qualifiant ce référendum de « maintenant ou jamais » pour l’avenir de l’Islande, et en précisant « qu’une victoire du Non écarterait définitivement toutes les spéculations autour de l’UE ».
Conclusion
Le vote s’est cristallisé sur deux points essentiels :
- La gestion des quotas de pêche, que l’Islande refuse catégoriquement de céder à Bruxelles.
- La souveraineté nationale.
Ainsi, le brave peuple islandais, descendant des Vikings, a préféré rester libre plutôt que de devenir l’esclave de l’oligarchie européenne.
Puisse le peuple français s’inspirer en 2027 du courage des Islandais, en rejetant lui aussi la soumission à l’UE !