Un nouveau cap dans le cynisme d’État vient d’être franchi.
Alors que la France durcit sa législation sur le contrôle d’Internet avec la mise en place d’un filtrage d’identité, Emmanuel Macron s’est publiquement réjoui de voir le régime autoritaire vietnamien s’inspirer des méthodes françaises.
Une dérive liberticide qui s’opère avec la passivité complice de l’opposition institutionnelle.
La nouvelle loi française : un flicage numérique généralisé
En France, la nouvelle loi sur les réseaux sociaux — votée grâce à l’abstention scandaleuse du Rassemblement National (RN) — interdit désormais aux mineurs de moins de 15 ans d’accéder aux plateformes numériques, même si leurs parents les y autorisent.
Pour appliquer cette interdiction, le texte exige que tous les internautes présentent et enregistrent une pièce d’identité sur les plateformes appropriées. Une mesure qui, malgré les dénégations officielles, ouvre techniquement la possibilité de ficher à terme chaque citoyen français en fonction de ses idées politiques.
C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron a posté, ce 24 juillet, un message pour féliciter le Vietnam de s’être « joint au mouvement » qu’il a initié à Paris, avec l’aide de Marine Le Pen.
Quand la censure française dépasse celle du régime de Hanoï
Dans son enthousiasme pour la répression au pays d’Hô Chi Minh, le président français semble avoir occulté un détail de taille : la nouvelle loi vietnamienne est, somme toute, moins sévère que la législation française.
| Paramètre de comparaison | Loi au Vietnam | Loi en France |
|---|---|---|
| Âge d’interdiction | Moins de 16 ans | Moins de 15 ans |
| Autorité parentale | Autorisée (le blocage est levé avec l’accord des parents) | Bafouée (interdit même si les parents sont d’accord) |
| Sanction maximale | Jusqu’à 2 ans de prison | Jusqu’à 3 ans de prison |
Le plus honteux dans cette prise de position est de voir le chef de l’État se réjouir qu’un pays mondialement connu pour ses violations innombrables des Droits de l’Homme s’inspire directement d’une loi répressive française.
Une complicité en parfaite connaissance de cause
Emmanuel Macron ne peut pas plaider l’ignorance. Lors de sa visite d’État au Vietnam il y a 14 mois (les 26 et 27 mai 2025), il a été le destinataire direct d’une Lettre ouverte sur la situation des droits humains au Vietnam à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron, publiée par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) le 21 mai 2025.
Cette lettre rappelait des faits d’une extrême gravité :
« À ce jour, les autorités vietnamiennes détiennent près de 200 militants pro-démocratie et blogueurs dont le seul tort est d’avoir exprimé, de manière pacifique, leurs opinions jugées critiques envers le gouvernement et le Parti communiste.
La situation des droits humains au Vietnam s’est nettement dégradée après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam.
Le général To Lam, que vous avez accueilli en France en octobre dernier, est responsable de nombreuses arrestations et condamnations d’opposants politiques — certains ayant même été enlevés sur le territoire européen. »
La LDH demandait alors respectueusement au président d’user de son influence pour plaider en faveur de la libération immédiate de plusieurs défenseurs des droits de l’Homme et blogueurs nommément séquestrés :
- Bui Tuan Lam,
- Can Thi Theu,
- Dang Dinh Bach,
- Le Dinh Luong,
- Nguyen Chi Thien,
- Nguyen Lan Thang,
- Nguyen Nang Tinh,
- Nguyen Trung Ton,
- Pham Chi Dung,
- Pham Doan Trang,
- Tran Duc Thach,
- Trinh Ba Phuong,
- Trinh Ba Tu,
- Truong Van Dung,
- Y Krec Bya.
Conclusion : l’âme de la France souillée
Pendant les dix ans au cours desquels il aura occupé le pouvoir, Emmanuel Macron aura décidément sali, saccagé, ruiné ou détruit au maximum tous les atouts de la France dans tous les domaines. Mais il aura fait pire encore. Avec un cynisme sans égal, il aura souillé l’image et l’âme même de notre pays.
Se féliciter que le régime de Hanoï, dont il sait pertinemment qu’il persécute et emprisonne injustement des dizaines de blogueurs et d’influenceurs sur Internet, s’inspire désormais de la censure imposée en France est une infamie. Une dérive rendue possible par la complicité misérable de Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Éric Ciotti.
Le cap est clair : nous abrogerons bien sûr cette loi liberticide dès notre arrivée au pouvoir en 2027.