L’Islande exige que Bruxelles cesse ses ingérences pour son prochain référendum sur l’UE
Avec la Norvège et la Suisse, l’Islande est l’un des 3 États d’Europe occidentale à avoir refusé – jusqu’à présent – d’entrer dans le Marché commun, puis dans l’UE.
Depuis près de 20 ans toutefois, les forces européistes s’ingèrent plus ou moins discrètement pour pousser l’Islande à y adhérer :
▪️16 juillet 2009
Le gouvernement de Reykjavik présente la candidature de l’Islande à l’entrée dans l’UE.
Cette demande est officialisée par le Conseil européen le 27 juillet, puis transmise à la Commission, qui accepte bien sûr l’ouverture de négociations d’adhésion en février 2010.
▪️17 juin 2010
Sans surprise, l’UE approuve formellement l’ouverture des négociations d’adhésion, qui commencent le 27 juillet 2010.
Le gouvernement islandais annonce officiellement avoir pour objectif d’adhérer en 2013.
Il doit toutefois promettre à sa population, très réticente, que cette adhésion serait soumise à référendum le moment venu, après la clôture des négociations.
▪️27 avril 2013
Des élections législatives remettent tout cela en cause, du fait de la victoire des deux partis d’opposition eurocritiques hostiles à l’adhésion, le Parti de l’indépendance et le Parti du progrès.
▪️13 juin 2013
Le nouveau gouvernement décide de « geler » la candidature à l’UE.
▪️12 mars 2015
Il décide de retirer purement et simplement cette candidature.
▪️29 octobre 2016
Des élections anticipées, motivées par le scandale des « Panama papers », remettent à leur tour en cause ces orientations.
▪️9 janvier 2017
Suite à plus de deux mois de marchandage électoral, un accord de coalition est finalement trouvé entre le Parti de l’indépendance et 2 partis européistes, Renaissance et Avenir radieux. Pour accepter d’entrer dans cette coalition gouvernementale, ces deux derniers partis, influencés par Bruxelles, imposent le principe d’organiser un référendum pour relancer l’adhésion du pays à l’UE.
▪️25 septembre 2021
▪️30 novembre 2024
Après encore d’innombrables rebondissements typiques des « sagas islandaises », ces deux nouvelles élections législatives anticipées modifient encore les perspectives.
Les dernières élections de novembre 2024 portent au pouvoir une nouvelle coalition, menée par Kristrún Frostadóttir, présidente de l’Alliance sociale-démocrate, parti européiste.
Or cette nouvelle Première ministre a promis, avant les élections, l’organisation avant 2027 d’un RÉFÉRENDUM SUR LA RÉOUVERTURE DES NÉGOCIATIONS D’ADHÉSION À l’UE.
Et non pas sur l’adhésion elle-même, qui nécessitera un nouveau référendum.
▪️6 mars 2026
Dans le contexte régional des menaces de Donald Trump de s’emparer du Groenland (relevant de la souveraineté danoise), le gouvernement islandais annonce que ce référendum se tiendra le 29 août 2026.
Là comme ailleurs, les instituts de sondage sont à la manœuvre pour tenter d’influencer l’électorat.
Un sondage du 22 juin indique que 44% des Islandais seraient favorables à la réouverture des négociations avec l’UE, contre 39% opposés et 17% indécis.
Un sondage du 26 juin donne quant à lui 53% de OUI contre 47% de NON.
En bref, les sondages donnent une faible majorité pour le OUI. Mais quel est leur degré de fiabilité et quels intérêts servent-ils ?
💡 CONCLUSION
Bien que favorable à l’UE et à l’adoption du référendum qu’elle a lancé, la Première ministre islandaise Frostadóttir est excédée par les ingérences constantes, plus ou moins discrètes, venues de l’UE pour inciter les Islandais à voter OUI.
Et elle le fait savoir publiquement, ce qui est sans précédent.
Bien entendu, ni les Macronistes ni toute la presse française aux ordres ne disent le moindre mot sur cette déclaration de la Première ministre islandaise, ni sur ces ingérences de l’UE.
Ils préfèrent raconter que nous serions victimes d’ingérences russes que personne n’a vues.