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Guerre hybride à Ceuta : le Maroc utilise ses migrants contre l'Espagne

Les récents événements survenus à la frontière de Ceuta marquent un tournant géopolitique majeur. Derrière l'afflux mas…

02 août 2026 4 min
Guerre hybride à Ceuta : le Maroc utilise ses migrants contre l'Espagne

Les récents événements survenus à la frontière de Ceuta marquent un tournant géopolitique majeur. Derrière l’afflux massif de dizaines de milliers de migrants clandestins se dessine une opération de déstabilisation orchestrée par Rabat, sur fond d’alliances stratégiques avec l’administration Trump et de pressions sur le gouvernement de Madrid.

Des agents du renseignement marocain infiltrés à la frontière

Selon les révélations du journal espagnol El Español, sourcées auprès de l’état-major de la Garde civile, l’invasion migratoire survenue les 30 et 31 juillet à Ceuta — ayant vu déferler entre 50 000 et 60 000 clandestins selon les estimations — n’avait rien de spontané.

Grâce au système de vidéosurveillance déployé le long du périmètre frontalier, les opérateurs espagnols ont identifié, dès les premières heures du jeudi 30 juillet, plusieurs agents des services de renseignement marocains infiltrés en temps réel au sein des groupes de migrants. Selon des experts de la lutte contre l’immigration clandestine, la mission de ces agents infiltrés consistait à :

  • encadrer et guider l’afflux de population,
  • analyser les dispositifs de sécurité mis en place par l’Espagne,
  • observer la réponse opérationnelle des forces de l’ordre espagnoles,
  • recueillir des informations stratégiques de première main.

Les services de renseignement espagnols qualifient formellement ces événements d’opération de guerre hybride, une manœuvre récurrente de la part de Rabat qui utilise le « robinet de la pression migratoire » comme un outil pour sonder le terrain et tester la réactivité de Madrid.

Camions et passivité : la complicité avérée des autorités de Rabat

La présence d’espions sur le terrain corrobore de nombreux témoignages et enregistrements vidéo démontrant une implication directe de l’appareil d’État marocain. Des vidéos montrent des gendarmes transportant eux-mêmes des migrants en camion pour les rapprocher de Ceuta, tandis que d’autres forces de l’ordre marocaines observaient une passivité totale face aux passages.

Des citoyens marocains ont d’ailleurs confié au New York Times avoir été incités à franchir la frontière par les « mkadems » (les représentants locaux de l’administration marocaine), qui ont organisé les rotations de camionnettes et de bus. Signe d’une mobilisation planifiée : de nombreux jeunes Marocains n’ont pas hésité à abandonner des emplois rémunérés à hauteur de 350 euros par mois pour participer à cette opération.

Les raisons du courroux marocain

Les analystes lient directement cette offensive à la dégradation des relations diplomatiques entre Madrid et Rabat, consécutive à deux événements majeurs :

  • L’arrêt de la Cour suprême espagnole concernant la réglementation des renvois de migrants à la frontière.
  • Le voyage officiel de Pedro Sánchez en Algérie dix jours plus tôt. Ce rapprochement avec Alger (le premier depuis quatre ans, après le revirement espagnol sur le Sahara occidental) a suscité un profond mécontentement au sein du régime de Mohammed VI, qui a répliqué en ouvrant les vannes migratoires.

L’axe Rabat-Washington : hommage à Donald Trump et pressions sur l’Espagne

La concomitance des calendriers renforce les soupçons d’une manœuvre géopolitique globale soutenue en coulisses. Au lendemain même de cette tentative de déstabilisation à Ceuta, le roi Mohammed VI a officiellement décidé de baptiser la voie express de 1 055 kilomètres reliant Tiznit à Dakhla sous le nom d’« Autoroute Donald J. Trump ».

Note : cette voie express relie le sud du Maroc au territoire disputé du Sahara occidental, revendiqué par les indépendantistes sahraouis.

Par ce geste, Rabat entend saluer le soutien diplomatique américain, Donald Trump ayant reconnu la « marocanité » de l’ancien Sahara espagnol lors de son premier mandat. Alors que les rumeurs d’une complicité des États-Unis et d’Israël dans les événements de Ceuta s’intensifient, ce rapprochement symbolique interroge.

D’autant qu’une vidéo récente de Donald Trump vient éclairer la posture américaine vis-à-vis de Madrid. Dans cette allocution, l’ancien président américain menaçait explicitement l’Espagne en raison de son manque d’implication au sein de l’OTAN :

« Ah, les Espagnols ! Ils sont membres de l’OTAN, mais pas de très bons membres de l’OTAN. Ils disent : « Non, nous ne voulons pas aider les autres ». Que faisons-nous, après tout ? Ils se comportent mal, mais ils vont bientôt apprendre… après avoir renoncé à leur emprise sur Cuba, Guam, les Philippines et Porto Rico… »

Entre pressions migratoires coordonnées sur le terrain, guerre hybride et alliances de revers avec Washington, l’Espagne se retrouve aujourd’hui prise en étau par une stratégie marocaine parfaitement orchestrée.


Sources :

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