Introduction
Depuis 1995, l’Union européenne a signé 18 accords de libre-échange avec le monde entier. Parmi eux, 16 ont eu un impact négatif, voire destructeur, sur les exploitations agricoles familiales françaises. Contrairement à ce que beaucoup croient, l’accord UE-MERCOSUR, si ravageur pour l’élevage familial, n’a donc rien d’exceptionnel. Il n’est que l’un de ces 16 accords sciemment destructeurs, et l’avant-dernier en date.
Face à cette disparition des exploitations familiales, voulue et programmée par l’idéologie euro-mondialiste et mise en œuvre par la Commission européenne, que propose donc le candidat à l’Élysée Édouard Philippe ?
Il propose… d’inscrire dans la Charte de l’environnement que « l’agriculture est un objectif légitime qu’il faut impérativement prendre en compte » !
On dirait un canular qui camoufle mal la réalité : il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait faire pour empêcher l’UE de continuer à détruire notre agriculture familiale, mais il a en revanche une idée très précise pour manipuler l’opinion des agriculteurs.
Comment ? En leur assénant avec componction une formule littéraire ronflante, destinée à impressionner les naïfs, mais totalement vide de sens et de conséquences concrètes.
Du point de vue juridique : une coquille vide
Quelle est la conséquence juridique de dire que « l’agriculture est un objectif légitime » ? Aucune. De même qu’écrire que « le plein emploi est un objectif légitime » n’a jamais fait baisser le taux de chômage pour autant.
Que signifie « prendre en compte » en termes juridiques ? Rien.
Du point de vue politique : le poids de la construction européenne
- des élargissements successifs de la CEE (devenue UE en 1993) à 9 en 1973, 10 en 1981, 12 en 1986, 15 en 1995, 25 en 2004, 27 en 2007 et 28 en 2012,
- des nouveaux traités : Acte unique (1986), Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001) et Lisbonne (2007),
- de l’euro, structurellement trop cher pour la compétitivité de notre économie.
De bénéficiaire nette, la France est devenue de plus en plus lourdement contributrice nette à l’UE à partir des années 1990.
Conclusion : les quatre facteurs cruciaux du désastre agricole
Quatre facteurs-clefs ont ouvert la concurrence à tout vent et permis des flots torrentiels de délocalisations industrielles et d’importations à bas coûts, dont les produits agricoles :
- 1. La libre circulation des capitaux imposée par l’Acte unique puis par le traité de Maastricht.
- 2. Le désarmement douanier quasi-total.
- 3. La cherté de l’euro.
- 4. Les 18 accords de libre-échange signés avec le monde entier.
En 2026, tout s’effondre : à commencer par notre niveau de vie, notre industrie et notre agriculture.
Face à ce désastre, la proposition d’Édouard Philippe — qui n’évoque même pas l’Union européenne ! — est si déconnectée des contraintes réelles qu’elle apparaît comme une échappatoire et une insulte à l’intelligence et aux souffrances du monde paysan.