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Édouard Philippe prend les agriculteurs pour des imbéciles

Introduction Depuis 1995, l'Union européenne a signé 18 accords de libre-échange avec le monde entier. Parmi eux, 16 on…

06 juin 2026 4 min

Introduction

Depuis 1995, l’Union européenne a signé 18 accords de libre-échange avec le monde entier. Parmi eux, 16 ont eu un impact négatif, voire destructeur, sur les exploitations agricoles familiales françaises. Contrairement à ce que beaucoup croient, l’accord UE-MERCOSUR, si ravageur pour l’élevage familial, n’a donc rien d’exceptionnel. Il n’est que l’un de ces 16 accords sciemment destructeurs, et l’avant-dernier en date.

Face à cette disparition des exploitations familiales, voulue et programmée par l’idéologie euro-mondialiste et mise en œuvre par la Commission européenne, que propose donc le candidat à l’Élysée Édouard Philippe ?

Il propose… d’inscrire dans la Charte de l’environnement que « l’agriculture est un objectif légitime qu’il faut impérativement prendre en compte » !

On dirait un canular qui camoufle mal la réalité : il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait faire pour empêcher l’UE de continuer à détruire notre agriculture familiale, mais il a en revanche une idée très précise pour manipuler l’opinion des agriculteurs.

Comment ? En leur assénant avec componction une formule littéraire ronflante, destinée à impressionner les naïfs, mais totalement vide de sens et de conséquences concrètes.

Du point de vue juridique : une coquille vide 

Quelle est la conséquence juridique de dire que « l’agriculture est un objectif légitime » ? Aucune. De même qu’écrire que « le plein emploi est un objectif légitime » n’a jamais fait baisser le taux de chômage pour autant. 

Que signifie « prendre en compte » en termes juridiques ? Rien. 

Emmanuel Macron nous en a donné un exemple en 2024 : il a « pris en compte » le résultat des législatives mais n’en a pas tiré les conclusions attendues. Il a remplacé à Matignon Gabriel Attal par Michel Barnier, puis par François Bayrou, pour conserver son pouvoir malgré sa défaite électorale cinglante.

Qu’apporte l’ajout de l’adverbe « impérativement » ? Rien. Cela affaiblit même le propos.

Du point de vue politique : le poids de la construction européenne

 S’il y a bien un secteur de l’économie où l’on ne peut pas cacher la construction européenne, c’est celui de l’agriculture. La Politique agricole commune (PAC) a en effet été la toute première politique sectorielle mise en œuvre à partir de juillet 1962, par ce qui n’était encore que la Communauté économique européenne (CEE) — ou Marché commun — à six pays.

À l’époque, la France était bénéficiaire nette des fonds dits « européens » et la PAC revenait à faire financer la modernisation de l’agriculture par des subventions. C’est peu dire que nous n’en sommes plus là ! Au cours des 64 ans écoulés depuis 1962, la construction européenne s’est radicalement transformée, et dans un sens systématiquement très défavorable à la France. Cette évolution a notamment résulté :

  • des élargissements successifs de la CEE (devenue UE en 1993) à 9 en 1973, 10 en 1981, 12 en 1986, 15 en 1995, 25 en 2004, 27 en 2007 et 28 en 2012,
  • des nouveaux traités : Acte unique (1986), Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001) et Lisbonne (2007),
  • de l’euro, structurellement trop cher pour la compétitivité de notre économie.

De bénéficiaire nette, la France est devenue de plus en plus lourdement contributrice nette à l’UE à partir des années 1990.

Conclusion : les quatre facteurs cruciaux du désastre agricole

Quatre facteurs-clefs ont ouvert la concurrence à tout vent et permis des flots torrentiels de délocalisations industrielles et d’importations à bas coûts, dont les produits agricoles : 

  • 1. La libre circulation des capitaux imposée par l’Acte unique puis par le traité de Maastricht.
  • 2. Le désarmement douanier quasi-total. 
  • 3. La cherté de l’euro. 
  • 4. Les 18 accords de libre-échange signés avec le monde entier.

En 2026, tout s’effondre : à commencer par notre niveau de vie, notre industrie et notre agriculture.

Face à ce désastre, la proposition d’Édouard Philippe — qui n’évoque même pas l’Union européenne ! — est si déconnectée des contraintes réelles qu’elle apparaît comme une échappatoire et une insulte à l’intelligence et aux souffrances du monde paysan.

#Agriculture#Partis politiques français#Présidentielle 2027
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