
Dans le cadre de l’université d’automne 2026 de l’UPR, la deuxième table ronde avait pour thème « La France face au basculement du monde vers l’Asie ». Animée par François Asselineau, président de l’UPR, elle réunissait Édouard Husson, historien et ancien vice-chancelier des universités de Paris, Gilles Casanova, ancien conseiller de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur, et Jacques Hogard, colonel de l’armée de terre en retraite, ancien officier de la Légion étrangère. Pierre Conesa, souffrant, n’avait pu se joindre au débat.
Le président de l’UPR a ouvert la séance en évoquant la réception du président chinois par Donald Trump aux États-Unis, signe selon lui d’une puissance montante et d’une puissance déclinante, et il a rappelé la référence au « piège de Thucydide » invoquée par Xi Jinping.
Édouard Husson a estimé que les États-Unis et l’Allemagne, auxquels les dirigeants français restent selon lui soumis, traversent une crise profonde. Il a plaidé pour un meilleur équilibre entre l’engagement en Europe et l’outre-mer, qu’il juge négligé, et pour une politique étrangère française de médiation, appuyée sur la francophonie, qui pourrait compter plus de 700 millions de locuteurs dans quelques années.
Gilles Casanova a replacé la montée de la Chine dans le temps long et rappelé que, selon lui, les BRICS pèsent désormais 40 % de l’économie mondiale contre 29 % pour le G7. Il a jugé qu’une nation ne pèse que si ses institutions et ses dirigeants sont en cohérence avec son peuple, ce qu’il conteste pour la France actuelle.
Jacques Hogard a témoigné de son expérience au Rwanda en 1994 et au Kosovo en 1999, qui l’a conduit à critiquer la politique de l’OTAN. Il a aussi décrit une armée française affaiblie par des décennies de restrictions budgétaires et estimé qu’il faudrait de vingt à trente ans pour la reconstruire.
Les échanges ont ensuite porté sur la guerre en Ukraine, les risques d’escalade, la politique étrangère de l’Union européenne, la Pologne, la neutralité suisse, les munitions et les terres rares, la désindustrialisation, la situation en République démocratique du Congo et le rôle de la Turquie.
François Asselineau a rappelé que le programme de l’UPR prévoit la sortie de l’Union européenne par l’article 50 du traité sur l’Union européenne et la sortie de l’OTAN par l’article 13 du traité de l’Atlantique Nord.
Cette table ronde est à voir sur UPRTV : https://youtu.be/yFVClzPPyYw.